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L'Olympique de Marseille (OM) est un club de football français fondé en août 1899 à Marseille par René Dufaure de Montmirail. Neuf titres de championnat de France professionnel, dix Coupes de France, trois Coupes de la Ligue, deux Trophées des champions, une Coupe Intertoto et une Ligue des champions de l'UEFA composent le palmarès du club provençal.

Le club joue au stade de l'Huveaune de 1904 à 1937, date à laquelle est inauguré le stade Vélodrome. Auparavant, le club marseillais remporte sa première Coupe de France en 1924 et devient le tout premier club provincial à s'adjuger ce titre.

L'OM est l'un des clubs qui a joué durant la saison inaugurale 1932-1933 et qui évolue encore en Ligue 1 aujourd'hui. Le club marseillais remporte son premier Championnat en 1937, avant de descendre pour la première fois en seconde division en 1959. Une série de montées et descentes s'effectue dans les années 1960 et la décennie suivante est marquée par le premier doublé Coupe-Championnat de l'histoire du club en 1972.

Après une période noire aux débuts des années 1980 où l'OM est proche de la faillite, l'arrivée de Bernard Tapie introduit la période la plus faste du club, avec quatre titres de champion consécutifs, une Coupe de France et la Ligue des champions 1992-1993, qui reste la seule remportée par un club français. L'affaire VA-OM et ses conséquences économiques plongent le club en deuxième division. Depuis sa remontée en 1996, le club se confronte à nouveau à la justice avec l'affaire des comptes de l'OM et n'arrive plus à gagner de titre majeur, malgré notamment deux finales de Coupe UEFA (1999 et 2004). Cette période blanche prend fin avec le titre de champion de France 2009-2010 et trois victoires consécutives en Coupe de la Ligue en 2010, 2011 et 2012.

Le club est depuis 2011 présidé par Vincent Labrune, l'actionnaire principale étant Margarita Louis-Dreyfus, veuve de Robert Louis-Dreyfus. L'équipe première évolue lors de la saison 2015-2016 en première division française pour la soixante-sixième fois de son histoire.

Histoire

Article détaillé : Histoire de l'Olympique de Marseille.

Genèse (1899-1914)

« Tout sociétaire devra posséder l'insigne de la Société, dont le port est obligatoire dans les promenades, déplacements, concours et fêtes. »

Article 41 des Statuts et règlements de l'OMA 1.

Officiellement, le club de l'Olympique de Marseille est fondé par René Dufaure de Montmirail en 1899B 1. Le club est issu de la fusion du Football Club de Marseille, qui lègue sa devise « Droit au but » au club olympien, et du club d'escrime L'Épée. Les statuts du club sont adoptés en assemblée générale extraordinaire en août 1899 et reconnus officiellement par arrêté préfectoral le 12 décembre 1900B 1. Néanmoins, selon André Gascard, joueur, entraîneur et dirigeant, puis archiviste de l'OM, le club omnisports de l'Olympique de Marseille est fondé en 18921. D'ailleurs, le papier à en-tête et les cartes de membres porteront longtemps l'intitulé « fondé en 1892 »B 1.

L'équipe de rugby est la section phare des débuts du club, avec notamment à ses débuts des joueurs comme Harry Baur, Camille Montade ou Fernand Bouisson. Reconnu par l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) en 1894, le football, alors appelé « association », est véritablement pratiqué à partir de 19021. De tous les clubs de football de la cité marseillaise, l'OM devient rapidement le club phare de la ville grâce à son organisation et son budget, reléguant le Sporting Club de Marseille, ou l'Union sportive phocéenne au second plan. Il évolue alors au stade de l'HuveauneC 1.

En 1903, l'OM remporte son premier championnat du littoral (concernant les clubs de Marseille et sa banlieue) et participe pour la première fois au Championnat de France de football USFSA2, où il est éliminé dès le tour préliminaire sur tapis vert3. Le club n'arrive pas à franchir la dernière marche en tombant en demi-finales en 1904, 1907 et 19084, mais domine sans partage au niveau régional en décrochant six titres de champion du littoral d'affilée, de 1903 à 1908. Le club rival du Stade helvétique de Marseille met fin à cette domination et accroche même trois titres de champion de France USFSA4.

La Première Guerre mondiale va pratiquement interrompre toute activité sportive. Malgré ces événements, une toute nouvelle épreuve apparaît : la Coupe de France. Elle va faire de l'OM son plus illustre représentant. Le premier match voit l'OM battre l'Herculis de Monaco sur le score de 7 buts à 0OG 1. Après la Grande Guerre, l'OM échoue en finale de la dernière édition du Championnat de France USFSA face au Havre AC (4-1)4. L'Olympique de Marseille réalise ainsi sa première grande performance en championnat, même si la diversité des compétitions nationales relativise ce parcours.

Premières victoires nationales (1920-1932)

C'est à partir des années 1920 que l'Olympique de Marseille acquiert une renommée sur le plan national. Marino Dallaporta devient président en 1921 et débute une politique d'achat de vedettesC 1, imitant ainsi la politique du grand rival sétois, en recrutant à Paris pour la nouvelle saison 1923-1924 Édouard Crut et Jean Boyer, le premier étant international militaire, le second ayant participé à la victoire historique de la France contre l'Angleterre en mai 1921 en marquant l'un des deux buts françaisA 2.

L'OM remporte à trois reprises la Coupe de France en 1924, 1926 et 1927OG 2, devenant ainsi le premier club de province à s'adjuger ce trophée, ainsi que le premier club à se faire remettre la Coupe par lePrésident de la RépubliqueC 2. Marseille redevient la place forte du football régional en accrochant deux titres de champions du Sud-Est. L'OM poursuit sur sa lancée en remportant le championnat de France amateur en 1929 contre le Club françaisB 2.

Au début des années 1930, l'OM s'impose encore dans le Championnat Sud-Est. Tous ces succès permettent à l'OM d'adhérer au groupement des clubs professionnels et d'intégrer le nouveau Championnat de France professionnel créé en 1932. Cette adhésion, donnant le statut de club professionnel au club olympien, entraîne un remaniement de toute son organisation avec la nomination d'un président, d'un secrétaire général et d'un trésorier5.

Entrée dans l'ère du professionnalisme (1932-1940)

Ce championnat national est divisé en deux poules. L'OM termine second de sa poule6 derrière le futur champion de France, l'Olympique lillois, bien qu'ils les aient battus en match d'ouverture sur un score de 7 buts à 0A 3.

La saison 1933-1934 des Marseillais est la saison du doublé raté, avec le FC Sète comme bourreau des Marseillais. Le quotidien L'Auto annonce clairement en une dès le 29 avril 1934 après la victoire 7 buts à 3 sur le Sporting Club nîmois7 : « L'Olympique de Marseille est virtuel champion de France ». Sète ne compte en effet qu'un petit point d'avance et une différence de buts défavorable alors qu'il reste encore trois matchs à jouer pour l'OM, aucun pour Sète. Il suffit à Marseille un match nul lors de ces trois matchs en retard pour fêter le titre. Les Sétois apprendront la nouvelle lors d'une tournée en Afrique, après une victoire contre ces mêmes Marseillais en finale de la Coupe de FranceOG 3 : l'OM a perdu ses trois matchs en retard, Sète est sacré champion de FranceOG 4.

L'OM remporte finalement son premier championnat de France en 1937 grâce à un meilleur rapport entre buts marqués et encaissés par rapport au FC Sochaux (1,76 contre 1,33)6. Le 13 juin 1937, l'OM prend ses quartiers au stade Vélodrome, doté d'une capacité de 35 000 places, lors d'un match amical contre le Torino Football Club (2-1)A 4. Entre-temps, l'OM confirme sa réputation de « club de coupe » en remportant de nouveau la Coupe de France en 1935 (il devient le club le plus titré de cette compétition avec le Red StarOG 5) et 1938OG 6. L'équipe, malgré le départ de son gardien Di Lorto pour le FC Sochaux, est renforcée par l'arrivée d'un jeune attaquant français, Mario Zatelli, du Brésilien Jaguare de Besveconne Vasconcellos et du Marocain Larbi Benbarek, surnommé la « perle noire »8. Les Olympiens sont vice-champions en 1938 et 1939.

Les années 1940

Le football continue malgré la Seconde Guerre mondiale, et la réquisition du stade Vélodrome par les forces armées9. De retour au stade de l'Huveaune, Marseille termine deuxième du championnat de la zone Sud-Est 1939-1940, avec l'apparition pour un seul match d'Ahmed Ben Bella, futur président algérienA 5, et échoue en finale de la Coupe de France face au RC Paris (2-1)OG 5. En 1941, l'OM est champion de France de la zone libre ; néanmoins, ce titre n'est pas comptabilisé dans le palmarès olympien. En 1942-1943, l'attaque olympienne se montre prolifique : 100 buts6 sont inscrits en championnat, dont 20 au cours d'un unique match contre Avignon, qui s'achève sur le score de 20-2 ; Emmanuel Aznar inscrit neuf butsA 6. Dans le même temps, le club remporte sa sixième Coupe de FranceOG 7 contre les Girondins de Bordeaux (4-0), ceci grâce à une nouvelle génération de footballeurs de valeur comme Roger Scotti ou encore Georges Dard. La saison 1943-1944 voit l'apparition d'équipes fédérales mises en place par lerégime de Vichy, qui remplacent les clubs dans le championnat de France ; plusieurs Olympiens évoluent alors dans l'Équipe fédérale Marseille-Provence. Ces équipes fédérales sont dissoutes à la Libération. En 1945, l'OM dispute la Coupe de la Libération (renommée ensuite Coupe de la Victoire) et perd en finale au stade de l'Huveaune face au FC Metz10.

Après une neuvième puis une sixième place, l'OM redevient champion de France en 1948, onze ans après son dernier titre, grâce à un match nul obtenu dans les derniers instants d'un match contre le FC Sochaux et deux succès contre le CO Roubaix-Tourcoing (6-0) et le FC Metz (6-3)11. Les Phocéens prennent la troisième place l'année suivante. En 1949, le président olympien Louis-Bernard Dancausse, lance un second club professionnel, le Groupe Sporting Club Marseillais, surnommé « Marseille II », qui devient rapidement une simple réserve de l'OM, et qui disparaît dans l'anonymat en 1951OG 8.

Fin des années 1950, première descente en Division 2

En 1952, l'OM échappe de peu à la relégation en deuxième division, notamment grâce à son buteur suédois Gunnar Andersson (meilleur buteur de ce championnat), et réussit à sauver sa place au plus haut niveau lors des barrages contre le Valenciennes FC : l'OM perd 3-1 au match aller avant de s'imposer 4-0 au match retourB 3. Cette saison est ponctuée d'une lourde défaite face à l'AS Saint-Étienne, venu s'imposer à Marseille 10 buts à 3A 6.

En 1953, Gunnar Andersson conserve son titre de meilleur buteur en inscrivant 35 buts, soit 56 % des buts marseillaisB 4. L'OM parvient en finale de deux compétitions : la Coupe de France en 1954, perdue 2-1 contre l'OGC Nice avec le retour de Benbarek, et la Coupe Charles Drago en 1957, gagnée 3-1 contre le Racing Club de Lens.

Malgré ces coups d'éclats en coupes, l'OM n'arrive pas à concrétiser sa valeur en championnat. Après un maintien obtenu à la dernière journée en 195812, Marseille descend pour la première fois de son histoire en deuxième division en 1959. Même la Coupe ne réussit plus à l'OM : il tombe au premier tour face au Perpignan Canet Football Club (2-1), alors lanterne rouge de la deuxième division. Les Marseillais font péniblement leurs débuts en deuxième division en terminant dixièmes. Après une première tentative en 1961, ils remontent en première division en 1962, mais redescendent de nouveau en 1963, se classant derniers6, malgré une première participation européenne en Coupe des villes de foires qui voit leur élimination dès le premier tour en matchs aller-retour face aux Belges de l'Union Saint-Gilloise, sur un score cumulé de 4 buts à 3B 5.

1965 : arrivée de Marcel Leclerc

Marcel Leclerc, industriel de Marseille, décide de reprendre la tête de l'OM en 1965 alors que le club végète en deuxième division et vient de faire une saison des plus catastrophiques : les Olympiens terminent quatorzième du classement et sont humiliés au sixième tour de la Coupe de France, à domicile, par les amateurs du Gazélec Ajaccio (1-5). Cette saison marque aussi la plus faible affluence au Vélodrome à ce jour : le 23 avril 1965, seulement 434 spectateurs sont présents à Marseille pour assister à la confrontation OM-US ForbachA 7. Mario Zatelli, arrivé un an auparavant, occupe le poste d'entraîneur.

Progressivement, l'ambition de Leclerc permet au club marseillais de remonter en première division en 1966, puis de remporter sa septième coupe de France en 1969OG 9. Après une lutte acharnée contre le rival stéphanois, l'OM décroche le titre de champion de France en 1971, avec un duo d'attaquants composé de Josip Skoblar (qui marque 44 buts, ce qui reste le record de buts inscrits en championnat sur une saison) et de Roger Magnusson13. L'OM frappe ensuite un grand coup en recrutant les Verts Georges Carnus et Bernard Bosquier.

En 1971, l'OM participe pour la première fois à la Coupe d'Europe des clubs championsB 5, mais est éliminé une première fois au deuxième tour par l'Ajax Amsterdam de Johan Cruyffpuis par la JuventusB 5 en 1972, l'année où Marseille réalise pour la première fois de son histoire le doublé championnat-coupeOG 10.

Cette période reste ancrée dans la mémoire collective marseillaise, notamment caractérisée par son président Leclerc qui lui permet de redonner des titres à un club en perte de vitesse. C'est sous sa présidence que le public marseillais peut voir évoluer Roger Magnusson, Josip Skoblar, Jean Djorkaeff et Jules Zvunka. Accusé de détournement de fonds, Marcel Leclerc est contraint de démissionner en 1972B 6. Il sera condamné en 1976 pour le détournement, au préjudice de l'OM, de 3,3 millions de francs14.

La saison 1973-1974 est difficile pour les Olympiens. Outre le départ de Magnusson pour le Red Star, le club se classe douzième du championnat et est éliminé par le FC Cologne en Coupe UEFA, avec une lourde défaite à Cologne, six buts à zéroF 1. La saison suivante est tout autre, le club finissant vice-champion de France avec notamment les Brésiliens Paulo César Lima et Jairzinho15, et remportant une neuvième coupe de France en 1976OG 11. En recrutant ces deux brésiliens, l'OM devint le premier club français à accueillir des champions du monde dans son effectif.

Les saisons suivantes, l'OM termine douzième puis quatrième et en 1979, le retour de Jules Zvunka fait remonter la pente à un OM moribond16.

Les années noires (1980-1986)

Le début des années 1980 est plus que compliqué pour les Phocéens, qui se voient relégués en deuxième division en 1980. La saison 1980-1981 est la saison noire du club, placé en liquidation judiciaire en avril 1981. Tous les joueurs et le personnel sont mis au chômage. En deuxième division, la direction du club décide de mener une politique de promotion des jeunes en intégrant dans l'équipe première les « Minots », vainqueurs de la coupe Gambardella deux ans plus tôt, où figurent notamment Christian Caminiti, José Anigo, Éric Di Meco ou encore Jean-Charles De Bono. Ces jeunes évitent la relégation en troisième division en ne perdant aucune des six dernières rencontres de la saison, battant même Montpellier nouveau promu (3-1)OG 12,17.

Après deux saisons où les Minots frôlent la montée (ils terminent troisièmes puis quatrièmes), le président Jean Carrieu recompose en 1983 une équipe avec les recrues Žarko Olarević, Saar Boubacar et François Bracci, et le club retrouve sa place dans l'élite au terme d'une saison prolifique en buts18. Le retour à l'élite est compliqué, mais les Marseillais arrivent à accrocher le maintien. La saison suivante, ils perdent la finale de la Coupe de France 1986 face aux Girondins de Bordeaux (2 buts à 1 après prolongation)OG 13.

Bernard Tapie aux commandes (1986-1994)

Arrivé à l'initiative du maire de Marseille, Gaston Defferre, courant 1986, l'homme d'affaires Bernard Tapie prend les rênes du club avec une ferme intention : remporter la Coupe d'Europe19. Il est à l'origine de la page la plus glorieuse de l'histoire du club.

Ces années se caractérisent par de nombreux changements d'équipe-type et d'entraîneurs. À son arrivée, il engage Karl-Heinz Förster, qui avait disputé deux coupes du monde au sein de l'équipe d'Allemagne, et Alain Giresse, arraché aux rivaux bordelais. Année après année, l'équipe est modifiée et améliorée de façon à être plus performante.

L'ère Tapie voit se succéder des joueurs tels que Jean-Pierre Papin, Chris Waddle, Klaus Allofs, Enzo Francescoli, Abedi Pelé, Didier Deschamps, Basile Boli, Marcel Desailly, Rudi Völler ou Éric Cantona et des entraîneurs de renom tels que Franz Beckenbauer, Gérard Gili ou Raymond Goethals. Sous sa présidence, le club, après avoir été le dauphin desGirondins de Bordeaux en 1987, remporte quatre championnats de France de 1989 à 1992OG 7, et une coupe de France (1989)OG 7. Cette coupe de France, qui offre un doublé à l'OM, est marquée par une finale de légende durant laquelle Jean-Pierre Papin inscrit un triplé crucifiant l'AS Monaco (victoire finale 4-3). Lors de la remise de la coupe, JPP embrasseFrançois MitterrandOG 14. Les Monégasques obtiennent leur revanche en 1991 (défaite 1 but à 0).

En Europe, le club atteint les demi-finales de Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe en 1988 face à l'Ajax Amsterdam de Dennis BergkampB 5, puis les demi-finales de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1990 face au Benfica Lisbonne ; les Olympiens remportent le match aller de la demi-finale 2-1, et le score du match retour est de 0-1F 1. En 1991, le club échoue en finale de Coupe d'Europe des clubs champions face à l'Étoile rouge de Belgrade aux tirs aux buts (5-3)B 7, après avoir notamment éliminé en quarts de finale le Milan AC, double tenant du titreF 1.

L'AC Milan de Frank Rijkaard, Marco van Basten et Jean-Pierre Papin est encore défait par l'Olympique de Marseille, cette fois en finale de la Ligue des champions à Munich (1-0), le 26 mai 1993 d'un but de la tête de Basile BoliOG 15. Il s'agit de la première victoire d'un club français en Coupe d'EuropeF 2, qui fait naître un nouveau slogan pour les supporters marseillais : « À jamais les premiers ». L'ère Tapie s'arrête brusquement en 1993 avec l'affaire VA-OM.

Affaire VA-OM et conséquences (1993-1996)

Article détaillé : Affaire VA-OM.

Le 22 mai 1993, le club de l'US Valenciennes-Anzin révèle l'existence d'une tentative de corruption. Le défenseur nordiste Jacques Glassmann a confié à son entraîneur Boro Primorac que Jean-Jacques Eydelie, un joueur de Marseille qui fut auparavant l'un de ses coéquipiers, l'a contacté par téléphone avant le début de la rencontre. Une somme d'argent aurait été promise par un dirigeant de l'OM à Glassmann et deux autres joueurs valenciennois, Jorge Burruchaga et Christophe Robert, pour qu'ils « laissent filer » le match et surtout que les Marseillais arrivent sans blessure à Munich pour la finale de Ligue des champions face au Milan ACB 8, qui se joue quatre jours plus tard. L'affaire, qui est d'abord passée sous silence, l'OM jouant la finale, devient un véritable feuilleton médiatico-judiciaire durant tout l'été 1993.

À la suite de cette affaire, le conseil fédéral retire le titre de champion de France 1993 à l’OMOG 7. L’UEFA exclut Marseille des compétitions européennes de la saison 1993-1994 (Ligue des champions et Supercoupe de l'UEFA), et la FIFA retire à l'OM le droit de jouer la Coupe intercontinentaleB 8. Marseille finit deuxième du championnat en1994, derrière le Paris Saint-Germain, mais le conseil fédéral rétrograde l’OM en deuxième divisionB 8. Cette saison verra notamment le départ de deux joueurs majeurs en plein milieu de l'année, Marcel Desailly et Alen Bokšić (respectivement vers le Milan AC et la Lazio Rome), pour cause de manque de liquidités à la suite de la non-participation du club aux compétitions européennes. Mais ce sera également la saison de l'émergence d'un joueur : l'attaquant Brésilien Sonny Anderson, joker du club phocéen, recruté au club suisse du Servette de Genève. Ce dernier quittera l'OM, comme bon nombre de joueurs, à la fin de cette saison, à la suite de la rétrogradation du club en deuxième division.

Après une première année en deuxième division (au-cours de laquelle Bernard Tapie quittera le club, en décembre 1994), l’OM termine à la première place du classement, grâce à une équipe composée de joueurs d'expérience pour la plupart (notamment Marcel Dib, capitaine de l'équipe, Bruno Germain, lequel avait déjà évolué sous la tunique olympienne, De Wolf, Cascarino, qui sera le véritable goléador de l'équipe lors de ces 2 ans en D2, Bernard Ferrer, ainsi que Bernard Casoni, Jean-Philippe Durand et Jean-Marc Ferreri, restés au club malgré la descente en D2) et de jeunes joueurs issus du centre de formation (Hamada Jambay, Jean-Christophe Marquet, Marc Libbra, entre autres). Fabien Barthez restera à l'OM lors de cette saison, avant de partir pour l'AS Monaco. En Europe, les Marseillais ratent de peu la qualification en huitièmes de finale de la Coupe UEFA en étant éliminés au deuxième tour face aux Suisses du FC Sion, après avoir battu l'Olympiakos Le PiréeB 7. Néanmoins, le club dépose le bilan avec une dette de 250 millions de francsA 8 et reste une année de plus en seconde division.

Cette seconde saison en D2 est plus compliquée, mais la deuxième place est acquise sur la fin de la saison. L’OM remonte en première division en 1996-1997, à l'instar du Stade Malherbe de Caen (qui finira champion de D2 1995-1996) et de l'AS Nancy-Lorraine (3e).

Arrivée de Robert Louis-Dreyfus (1997-2004)

Rolland Courbis est nommé entraîneur de l'OM en 1997 par le nouveau président actionnaire Robert Louis-Dreyfus. Il fait signer Laurent Blanc, Andreas Köpke et Fabrizio Ravanelli, ce qui permet au club de retrouver la coupe UEFA grâce à l'obtention de la quatrième place en championnat, meilleure performance du club depuis la remontée20.

Lors de la saison 1998-1999, l'OM fête son centenaire et investit dans de nombreux joueurs de talents : Robert Pirès, Florian Maurice et Christophe Dugarry. Avec cette équipe, l'OM parvient à la deuxième place du championnat à l'issue d'un sprint final contre Bordeaux, avec à la clé une moyenne record de points par match pour un dauphin (2,09, soit 71 points après 34 journées) et atteint la finale de la coupe UEFA, qu'il perd contre le Parme AC (3-0)OG 16. Cette saison est également marquée par un match mémorableOG 7 : menés 4-0 au Vélodrome par Montpellier à l'heure de jeu, les Olympiens parviennent à s'imposer 5-4 sur un pénalty transformé par le capitaine Laurent Blanc21.

Cette belle mais finalement infructueuse saison n'est pas confirmée par la suite : bien que l'effectif soit renforcé par le jeune espoir français Stéphane Dalmat, l'attaquant ivoirien Ibrahima Bakayoko et le prêt de l'international espagnol Iván de la Peña, il voit surtout la perte très préjudiciable de son capitaine Laurent Blanc, poussé vers la sortie dès le début de l'été. En Ligue des champions, l'OM bat au Vélodrome le champion d'Europe en titre Manchester United22, mais les Marseillais se font éliminer lors de la seconde phase de poules. Courbis quitte l'Olympique de Marseille en novembre 1999, victime d'un début de saison raté23. Il est remplacé par Bernard Casoni.

Lors des trois saisons suivantes, l'OM a du mal à se stabiliser, de nombreux joueurs partent et plusieurs entraîneurs se succèdent. Le club frôle la relégation à deux reprises, terminant à la quinzième place du championnat en 2000 et 2001. De plus, la Direction nationale du contrôle de gestion décide en juin 2001 de rétrograder le club en deuxième division en raison du manque de garanties financières. Robert Louis-Dreyfus comble le déficit, ce qui permet au club de garder sa place en Division 1. En 2002, Alain Perrinarrive et permet au club de se hisser à la troisième place du classement, qualificative pour le troisième tour préliminaire de la Ligue des champions, mais il démissionne à la suite de l'élimination du club au premier tour contre le FC Porto (futur vainqueur) et le Real Madrid (tenant du titre)B 7. L'OM poursuit sa route en coupe UEFA et, grâce notamment à Didier Drogba, parvient en finale de la compétition après avoir éliminé l'Inter Milan, le Liverpool FC et Newcastle United, ce dernier match ayant vu le Vélodrome connaître son affluence record : 58 897 spectateurs24. Marseille s’incline toutefois face au Valence CF en finale (2-0), après l’expulsion de son gardien Fabien Barthez en toute fin de première mi-temps; l’OM joue donc en infériorité numérique la totalité de la seconde période et échoue, une seconde fois en cinq ans, en finale de la Coupe UEFAOG 17.

Podiums et finales (2004-2009)

Drogba parti à Chelsea, le club, dirigé par le Sénégalais Pape Diouf (l'actionnaire principal étant toujours Robert Louis-Dreyfus), connaît de nombreux changements dans son effectif et n'atteint que la cinquième place du championnat en 2005 et 2006. Il perd en finale de la Coupe de France en 2006 face au Paris Saint-Germain (2-1)B 9. C'est lors de cette saison qu'un joueur émerge sur le plan international : Franck Ribéry, qui devient titulaire en équipe de France pendant la coupe du monde 2006.

Pour la saison 2006-2007, Albert Emon qui prône un jeu offensif devient l'entraîneur et le club fait signer notamment l'attaquant international français Djibril Cissé en prêt du club anglais de Liverpool FC ou encore le défenseur caennais Ronald Zubar. L'OM retrouve le haut du classement, prend la place de vice-champion (meilleure performance depuis 1999) derrière l'Olympique lyonnais, et dispute une nouvelle finale de coupe de France qu'il perd aux tirs aux buts contre le FC SochauxOG 9. Cette saison est marquée par l'éclosion de Cédric Carrasso et Samir Nasri aux côtés de Ribéry, Cissé et Niang.

Avec cette qualification pour la Ligue des champions, et le départ du meneur de jeu Franck Ribéry au Bayern Munich pour 30 millions d'euros, l'OM se montre très actif lors dumercato d'été 2007-2008, avec notamment les arrivées de Boudewijn Zenden, Karim Ziani, Benoît Cheyrou ou encore Steve Mandanda. Avec ce recrutement ambitieux, l'OM devient aux yeux des médias le principal adversaire du champion en titre, l'Olympique lyonnais. Cet enthousiasme prend fin après un début de saison catastrophique (1 victoire en 9 matchs) qui entraîne le limogeage de l'entraineur Albert Emon et l'arrivée du Belge Éric Gerets, marquée par une victoire historique (0-1) à Anfield contre leLiverpool FC25. En Coupe de France, les Marseillais tombent face au club de CFA 2 de l'USJA Carquefou en huitièmes de finale (1-0). Cette saison-là, les Phocéens terminent finalement troisièmes.

La saison suivante est ponctuée par une course au titre avec les Girondins de Bordeaux qui se termine par le sacre des Girondins comme dix ans auparavant. En Coupe d'Europe, l'OM est éliminé en quart de finale de Coupe UEFA par le futur vainqueur de l'épreuve, le FC Chakhtior Donetsk. Éric Gerets annonce son départ du club en fin de saison pour le club saoudien d'Al Hilal Riyad et laisse son poste à l'ancien capitaine olympien Didier Deschamps26. Le 17 juin 2009, Pape Diouf quitte le club27 à la suite de tensions avec le conseil de surveillance du club, et plus particulièrement avec son président Vincent Labrune. Il est remplacé le 22 juin 2009 par Jean-Claude Dassier28. La mort de Robert Louis-Dreyfus d'une leucémie le 4 juillet 200929 met fin à ses 13 ans de règne au club sans toutefois remporter le moindre titre majeur.

L'après Robert Louis-Dreyfus : le retour des titres (2009-2012)

Se basant sur le travail réalisé par le technicien belge Eric Gerets entre 2007 et 2009, l'OM de Didier Deschamps se renforce notamment par les arrivées des internationaux argentins Lucho Gonzalez et Gabriel Heinze ainsi que de l'ex-Girondin Souleymane Diawara. Mené en attaque par son buteur international sénégalais Mamadou Niang qui devient capitaine pour cette saison 2009-2010, le club brise sa série de dix-sept ans sans titre majeurOG 18 le 27 mars 2010 en remportant la Coupe de la LigueOG 19 en battant Bordeaux en finale (3-1), puis en étant sacré champion de France 2010OG 19 deux journées avant la fin de la saison. Le 28 juillet 2010, l'OM remporte le Trophée des championsOG 19 face au Paris Saint-Germain aux tirs au but. Marseille continue sur sa lancée en conservant la Coupe de la Ligue lors de la saison 2010-2011OG 19, battant en finale le Montpellier HSC (1-0). En championnat, le club termine vice-champion de France derrière le LOSC Lille. L'inter-saison voit la prolongation de contrat de Didier Deschamps jusqu'en 201430 et le changement de présidence et de structure juridique du club : l'OM abandonne sa structure à directoire et conseil de surveillance» pour devenir une société à conseil d'administration et Jean-Claude Dassier est remplacé par le président du feu conseil de surveillance Vincent Labrune31. En juillet 2011, l'Olympique de Marseille gagne pour la deuxième fois de suite, le trophée des championsOG 19 en s'imposant face à LOSC Lille (5-4)32. La saison est marquée par une série de 13 matchs sans victoire en championnat, de février à mai, éloignant le club des places européennes33. Les Olympiens parviennent néanmoins à atteindre pour la première fois en 21 ansNote 2 les quarts de finale de la Ligue des champions34, et remportent pour la troisième fois consécutive la Coupe de la LigueOG 19, victorieux de l'Olympique lyonnais sur le score de 1-0 après prolongation35.

Une irrégularité récurrente (depuis 2012)

À l'issue de cette saison, Didier Deschamps quitte le club et est remplacé par Élie Baup36. Sous ses ordres, l'OM, qui a peu recruté à l'intersaison, réalise le meilleur début de championnat de son histoire avec six victoires consécutives grâce à un André-Pierre Gignac retrouvé. En fin de saison, le club termine vice-champion de France derrière le PSG et retrouve ainsi la Ligue des champions pour la saison suivante. Le 29 novembre 2013, l'Olympique de Marseille devient le premier club à atteindre 1000 victoires en Ligue 1 contre Montpellier (2-0). Le 7 décembre 2013, le club annonce le limogeage d'Élie Baup à la suite de la défaite la veille contre le FC Nantes (0-1). L'intérim est alors assuré par le directeur sportif, José Anigo. Cette première partie de saison est aussi marquée par le bilan de zéro point inscrit en phase de poules de Ligue des champions, une première pour un club français.

Le 2 mai 2014, le club annonce la signature de Marcelo Bielsa pour deux saisons37. Le 17 mai 2014 au terme de la saison 2013-2014, le club termine 6e et ne se qualifie pas pour une nouvelle Coupe d'Europe, une première depuis 9 saisons. Ce 17 mai est aussi marqué par le départ de l'emblématique José Anigo, même si ce dernier reste salarié du club, devenant un recruteur basé au Maroc.

Lors de la saison 2014-2015, l'OM démarre la saison à toute allure avec notamment une série de huit victoires consécutives et termine l'année civile en tant que champion d'automne. La deuxième partie de saison est plus difficile, d'abord éliminé de la coupe de France contre Grenoble Foot 38 (5e division), ne gagnant que deux matchs sur neuf lors des deux premiers mois de l'année 2015 et perdant la place de leader avant de se retrouver 3e. Après un mois de mars meilleur (7 points sur 9 possible, 10 buts en 3 matchs), l'OM enchaîne 4 défaites consécutives en avril et perd deux nouvelles places. Lors du mois de mai, l'Olympique de Marseille retrouve des couleurs avec quatre victoires consécutives à Metz (0-2), contre l'AS Monaco (2-1), à Lille (0-4) et contre le SC Bastia (3-0). Ce qui permet au club de terminer à la 4e place du championnat.

Le club phocéen connaît une fin de cycle qui se caractérise par un mercato estival chargé avec les départs de six cadres de l'effectif : Rod Fanni, André Ayew, André-Pierre Gignac, Jérémy Morel, Dimitri Payet etGiannelli Imbula. L'OM se renforce et recrute deux ex-internationaux français qui n'ont pas joué depuis 2014, Abou Diaby et Lassana Diarra, ainsi que de jeunes joueurs tels que l'ailier argentin Lucas Ocampos, le défenseur central hollandais Karim Rekik, l'international espoir français Georges-Kévin Nkoudou, l'ailier guinéen Bouna Sarr et se fait prêter le latéral espagnol Javier Manquillo, le milieu relayeur brésilien Lucas Silva ou encore le milieu de terrain français Rémy Cabella. Il faudra en effet non seulement jouer les matchs de championnat mais aussi l'Europa League, compétition pour laquelle le club marseillais est qualifié. Contre toute attente, à l'issue de la première journée de Ligue 1 2015-2016, Marcelo Bielsa annonce sa démission du club38. Ce dernier est remplacé par le technicien espagnol Míchel, ancien meneur de jeu duReal Madrid faisant partie de la célèbre Quinta Del Buitre 39. Le 18 septembre 2015, l'ancien défenseur olympien Basile Boli est nommé ambassadeur du club. Il aura pour mission de développer des contacts en termes de partenariat. De plus, il aura en charge la finalisation du futur musée de l'OM qui prendra place au stade Vélodrome sous le parvis de la tribune Jean Bouin 40. À la suite des incidents qui ont émaillé la rencontre opposant le club marseillais à son homologue lyonnais, la direction de l'OM conclut un accord « historique » le 6 octobre 2015 avec les groupes de supporters qui avaient en charge de gérer la vente des places dans les virages nord et sud depuis 199041. Dorénavant, le club gère l'intégralité de la commercialisation des abonnements du stade 42.

Identité du club

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